Agriculture

« Investir pour une agriculture de grande envergure »

DIAGNOSTIC

Depuis l’indépendance, les stratégies de développement économique des régimes successifs ont mis le développement agricoles au premier rang des options retenues pour assurer une économie forte et durable. Cependant le secteur agricole est resté embryonnaire et ne contribue pas suffisamment au développement économique

  • Faibles rendements et revenus agricoles
  • Techniques agricoles rudimentaires
  • Quasi-absence de modernisation
  • Absence de politique agricole cohérente et soutenue
  • Manque de politique ambitieuse dans les secteurs Élevage et Pêche
  • Politisation à outrance des services publics agricoles
  • Manque d’ambition et de dynamique dans la recherche agricole
  • Manque de financement approprié
  • Manque d’infrastructures appropriées
  • Insuffisance de pistes de desserte rurales
  • Insuffisance de formation des producteurs agricoles et faiblesse des moyens de services d’encadrement

MESURES CLÉS

Créer par département, en partenariat avec les établissements financiers et les compagnies d’assurance, une entité chargée de la mise en oeuvre de la politique d’Etat en matière d’assurance maladie, retraite, accès au crédit et identification professionnelle des exploitants agricoles. Il s’agira de :

  • Mettre en place une politique de protection sociale (assurance maladie et retraite) avec cotisations individuelles des concernés complétées par une subvention de l’État
  • Permettre l’accès au crédit
  • Mettre en place un système d’identification professionnelle basé sur un état civique biométrique

Conduire le programme de développement agricole suivant une stratégie de territorialisation basée sur les caractéristiques écologiques et climatiques des différentes régions du Bénin :

  • Ainsi 6 pôles régionaux de développement agricoles seront constitués. Chacun de ces pôles fera l’objet d’un programme de développement régional qui fixera plus précisément les vocations des terres, la localisation des infrastructures et des équipements structurants, les secteurs de l’économie à renforcer ou à développer et les patrimoines à préserver.
  • Chaque filière sera dotée d’une structure de recherche spécifique.
  • Chaque pôle sera doté d’une école professionnelle agricole.
  • Mettre à disposition des exploitants agricoles des machines et outillages modernes à coût subventionné dans un cadre de partenariats public-privé
  • Créer une Agence de Développement Agricole constituée d’experts nationaux et internationaux pour la définition et la mise en oeuvre rapide de programmes ambitieux spécifiques par filière et par région
  • Défiscaliser intégralement les exploitations agricoles (agriculture, élevage et pêche) – exonération de la TVA sur les produits d’alimentation animale
  • Mettre en oeuvre un plan d’investissement massif faisant du secteur agricole le principal levier de développement économique et de création de richesses et d’emplois
  • Déclarer l’agriculture comme secteur prioritaire d’investissement

MESURES CLÉS spécifiques à l’élevage et à la pêche

L’élevage

Les mesures porteront sur :

  • Le développement de la pratique de stabulation et d’embouche dans les bassins de production laitière et d’animaux de boucherie
  • La promotion de l’insémination artificielle pour l’amélioration des performances des races locales
  • Une couverture vaccinale plus adéquate en partenariat avec les vétérinaires privés pour assurer une meilleure maitrise des épizooties
  • La promotion de l’élevage de petits ruminants dans toutes les communes, en vue de couvrir à moyen terme les besoins nationaux en viande
  • L’entretien et la réalisation de points d’eau dans les couloirs de transhumance
agriculture

La pêche et l’agriculture

Les mesures relatives à la pêche porteront sur le renforcement de l’empoissonnement de cours d’eau ciblés et l’encadrement des acteurs de la pêche avec un accompagnement spécifique pour les acteurs de la pêche maritime.

L’aquaculture constituera la principale réponse stratégique à la stagnation de la production nationale en produits de pêche. Certaines actions déjà engagées seront renforcées et de nouvelles mesures porteront entre autres sur :

  • L’aménagement et la mise en valeur à petit et moyenne échelles des infrastructures piscicoles, adaptées au niveau des territoires lagunaires, bassins fluviaux, cours et plans d’eau
  • Le renforcement des capacités des acteurs sur le choix judicieux des sites et modèles de production piscicole performante et durable
  • L’organisation avec les privés et les organisations professionnelles de la fourniture des intrants et services nécessaires à la pratique aquacole (alevins, aliments, conseils techniques et de gestion)
  • Le renforcement et l’extension des centres de formation aux métiers d’aquaculture

les filières agricoles phares

coton

Le Coton

Mettre en place un programme d’amélioration rapide des rendements pour porter la production cotonnière annuelle au delà de 500.000 tonnes, tout en réduisant les superficies dédiées. A cet effet, les formules d’engrais seront actualisées et de nouveaux types de fumure seront introduits. Une nouvelle approche des techniques culturales sera adoptée pour parer aux incertitudes du climat. La filière coton sera la locomotive dans l’utilisation significative de machines agricoles.

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Le Maïs

Mettre en place un programme d’amélioration des rendements par la mise à disposition de semences à haut rendement et d’intrants spécifiques à prix subventionné. La chaîne semencière sera redynamisée afin de mettre ces semences à la disposition du plus grand nombre.

riz

Le Riz

La filière riz sera examinée dans son ensemble (aménagement des vallées, semences, techniques culturales, fumure, récoltes, traitement, commercialisation.) afin d’en faire une véritable niche agricole. Les exploitants agricoles de riz seront tous recensés et encadrés.

ananas

L’ananas

Doper la production et faire de l’ananas « made in Bénin » un label de qualité reconnu mondialement. L’État investira urgemment dans un centre de recherche et de multiplication rapide de rejets en laboratoire au profit du plus grand nombre d’exploitants. Les intrants spécifiques seront mis à disposition à des prix subventionnés. Des infrastructures de conservation et de stockage seront réalisées au profit des exportateurs d’ananas. Les exploitants agricoles d’ananas seront tous recensés et encadrés.

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L’anarcade

Mettre en place une véritable politique de promotion de l’anacardier dans les zones propices. Lancer une campagne d’information et de sensibilisation. L’État investira dans des pépinières en vue de produire des jeunes plants à mettre à la disposition du plus grand nombre à coût subventionné. Les planteurs seront encadrés et des intrants spécifiques seront fournis à coût subventionné. Il s’agira de faire du Bénin l’un des tout premiers producteurs mondiaux de noix de cajou à l’horizon 2025.

les six pôles régionaux de développement agricole

Le pôle de développement Nord-Ouest

Ce pôle est celui du développement de la production de mangues, de tomates, de céréales (riz, etc.) et de l’élevage. Cette zone abritera un système d’intégration agro-sylvo-pastorale comportant le coton et l’anacardier comme culture locomotive. S’y ajoutent le maïs, les légumineuses (niébé notamment), les racines et tubercules (manioc et igname) et le manguier, ainsi que l’élevage intensif de bovins, d’ovins, de caprins et de volailles.

Le pôle de développement Centre

Ce pôle abritera un système d’intégration à dominante Anacardier, Agrume et Igname, auxquels s’ajoutent le riz, le maïs, le haricot et l’arachide. Cette zone sera également celle de l’expansion de la culture cotonnière et de développement du petit élevage y compris l’élevage non conventionnel. Cette zone est favorable à la mise en place d’industries agroalimentaires pour le développement des noix de cajou et des agrumes.

Le pôle de développement Sud-Ouest

C’est la zone par excellence pour la production du riz et le maraîchage. Il connaîtra également la valorisation des ressources halieutiques. En raison de l’écosystème très varié de la zone, les cultures d’accompagnement seront le maïs, les agrumes et le palmier à huile. La zone Sud-Ouest va être positionnée comme pôle agro-industriel, avec d’une part la valorisation des plans d’eau du Mono et du Couffo à des fins touristiques et d’autre part la valorisation des ressources halieutiques.

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Le pôle de développement Nord-Est

La vallée du Niger (Karimama et Malanville) est la principale ressource de ce pôle. Le modèle de production sera l’intégration du riz et du maraîchage (tomate, oignon, pomme de terre) le long de la vallée du Niger. C’est également le pôle cotonnier du Nord-Bénin. En sus du coton comme culture locomotive, le maïs et le sorgho y seront davantage développés pour bénéficier de l’arrière effet des engrais utilisés sur le coton. Il sera intégré dans le système un modèle d’élevage intensif de bovins, d’ovins, de caprins et de volailles. Un accent sera également mis sur la production du lait (à Gogounou).

Le pôle de développement Sud-Est

Ce pôle est centré sur le territoire de la basse vallée de l’Ouémé (Adjohoun, Aguégués, Bonou, Dangbo et Sô-Ava) à vocation agricole et halieutique avec, de façon spécifique, l’élevage. Il comprend également une zone à vocation palmier à huile et manioc, couvrant les communes de Adja-Ouèrè, Ifangni, Kétou, Pobè et Sakété.

Le pôle de développement Sud-Centre

Ce pôle est centré sur la culture de l’ananas et du palmier à huile sur le territoire de la Lama (Allada, Toffo et Zè) ainsi que les cultures maraîchères. Il est aussi propice au développement d’activités de valorisation des ressources halieutiques. C’est une zone à fort potentiel dans les secteurs de l’agro-industrie notamment dans le domaine de la transformation de l’ananas et des noix de palme. Des expériences en matière de conservation des légumes permettront la valorisation des produits maraîchers.